À la fin du VIIe s. av. J.-C., Juda passe sous la domination de Babylone. Après une première révolte, Nabuchodonosor II prend Jérusalem en 597 av. J.-C. et déporte le jeune roi Joïakin avec l'élite du royaume (2 Rois 24). Une chronique babylonienne conservée au British Museum rapporte l'événement : elle date la prise de la « ville de Juda » du 2 adar de la septième année du roi, soit mars 597 av. J.-C., et mentionne l'installation d'un nouveau roi « de son choix », Sédécias. La révolte de ce dernier entraîne un siège de dix-huit mois, puis la destruction de la ville et du Temple en 587 ou 586 av. J.-C. (2 Rois 25).
Les fouilles de Jérusalem révèlent des traces dramatiques de cette destruction : épaisses couches de cendres, pointes de flèches babyloniennes près de la « tour israélite » du quartier juif, maisons effondrées de la Cité de David — la « maison d'Ahiel », la « chambre brûlée » et la « maison des bulles ». Dans cette dernière, une cinquantaine d'empreintes de sceaux en argile ont été cuites par l'incendie, dont l'une au nom de « Guemaryahou fils de Shaphan », nom d'un scribe du roi Joïakim en Jérémie 36:10.
Les lettres de Lakish
À Lakish, deuxième ville du royaume, les fouilles de James Leslie Starkey ont mis au jour en 1935 une vingtaine d'ostraca, lettres écrites à l'encre sur des tessons, datant des derniers temps avant la chute. Dans la lettre no 4, un officier écrit qu'il guette les signaux de feu de Lakish, « car nous ne voyons pas Azéka » : un écho saisissant du livre de Jérémie (Jérémie 34:7).
La découverte, dans la Cité de David, de bulles portant les noms de hauts fonctionnaires cités par Jérémie, comme Yehoukal fils de Shélémyahou et Guedalyahou fils de Pashhour (Jérémie 38:1), prolonge ce dialogue entre le texte et le terrain, même si l'identification des personnages reste discutée.