
De la Création à Babel
Les Origines bibliques : de la Création à Babel
Adam et Ève, Caïn et Abel, Noé et la tour de Babel : ce que racontent les onze premiers chapitres de la Genèse, et ce que l'on peut en dire aujourd'hui.
Crédit : Pieter Bruegel the Elder · domaine public · Wikimedia Commons
De la Création à la tour de Babel, les premiers chapitres de la Genèse racontent les origines du monde et de l'humanité. Découvrez ces récits fondateurs, leurs personnages et leur cadre géographique, avant l'histoire d'Abraham et des patriarches.
Ces origines bibliques couvrent les chapitres 1 à 11 de la Genèse : la Création et le jardin d'Éden, Caïn et Abel, Noé et le Déluge, puis la dispersion des peuples à Babel. Pour chaque récit, nous présentons séparément ce que dit le texte, ce qu'en ont fait les traditions juive, chrétienne et musulmane, et ce que la recherche historique et archéologique permet d'en dire.
🔎 Une époque sans dates
Contrairement aux autres époques du site, celle-ci ne porte pas de dates. Les récits des origines ne décrivent pas des événements que l'on pourrait situer sur une frise historique : ils répondent, sous forme de récits, aux grandes questions sur le monde, l'humanité, le mal et la diversité des peuples. La localisation du jardin d'Éden ou de l'arche de Noé n'a jamais été établie.
« Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. »
Genèse 1:1
La Création et le jardin d'Éden : Adam et Ève
La Genèse s'ouvre sur deux récits de création qui se suivent et se complètent (Genèse 1–3). Le premier ordonne le monde en sept jours ; le second, plus proche de la terre, raconte la formation du premier homme, le jardin d'Éden et la rupture qui en fait sortir Adam et Ève.

Dans la Bible (Genèse 1–3)
Le premier récit (Genèse 1:1–2:3) décrit une mise en ordre progressive : la lumière, le ciel, la terre ferme et les plantes, les astres, les animaux, puis l'être humain, créé « à l'image de Dieu », homme et femme. Le septième jour, Dieu se repose : c'est le fondement biblique du shabbat.
Le second récit (Genèse 2:4–3:24) change de ton. L'Éternel Dieu façonne l'homme (adam) avec la poussière du sol (adamah) et lui insuffle la vie, puis plante un jardin en Éden. La femme est formée à partir du côté de l'homme. Le serpent les pousse à manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, seul interdit ; Adam et Ève sont renvoyés du jardin, dont des chérubins gardent désormais l'entrée, à l'orient.
« Puis l'Éternel Dieu planta un jardin en Éden, du côté de l'orient, et il y mit l'homme qu'il avait formé. »
Genèse 2:8
וַיִּטַּע יְהוָה אֱלֹהִים גַּן־בְּעֵדֶן מִקֶּדֶם וַיָּשֶׂם שָׁם אֶת־הָאָדָם אֲשֶׁר יָצָר
בראשית ב, ח
Le cadre géographique
Le texte donne une géographie précise en apparence : un fleuve sort d'Éden et se divise en quatre bras, le Pishon, le Guihon, le Hiddékel et l'Euphrate (Genèse 2:10-14). Le Hiddékel est le Tigre, et l'Euphrate est bien connu : le récit regarde donc vers la Mésopotamie. Le Pishon et le Guihon, eux, n'ont jamais été identifiés de façon convaincante ; le nom de Guihon est aussi celui de la source qui alimente Jérusalem (1 Rois 1:33).
🔎 Où se trouvait l'Éden ?
On a proposé le sud de la Mésopotamie, le golfe Persique, les montagnes d'Arménie ou encore l'Afrique de l'Est. Aucune de ces hypothèses n'est établie, et beaucoup de lecteurs, juifs comme chrétiens, voient dans ce jardin un lieu symbolique plutôt qu'un point sur la carte. Le mot hébreu éden évoque le « délice ».
Traditions
Plusieurs traditions ont rattaché Adam à la terre d'Israël. Selon le Talmud (Érouvin 53a), Hébron est appelée Kiryat-Arba, la « ville des quatre », parce que quatre couples y reposeraient dans la grotte de Makpéla : Adam et Ève, puis Abraham et Sarah, Isaac et Rébecca, Jacob et Léa (voir notre fiche Hébron et le Tombeau des Patriarches). Une autre tradition juive, reprise par Maïmonide, affirme qu'Adam fut formé à partir de la terre de l'emplacement de l'autel du Temple, sur le mont Moriya. La tradition chrétienne place, quant à elle, la sépulture d'Adam sous le Golgotha, où une chapelle d'Adam existe dans la basilique du Saint-Sépulcre.
Ce que dit la recherche
Les exégètes attribuent généralement les deux récits à des traditions différentes, mises par écrit au Ier millénaire av. J.-C. Ils relèvent des points communs avec les textes mésopotamiens : dans le poème babylonien Enuma elish, le monde naît d'eaux primordiales, comme le tehom, l'« abîme », de Genèse 1:2 ; dans l'épopée d'Atrahasis, les humains sont façonnés avec de l'argile. Les différences sont tout aussi nettes : un Dieu unique, pas de combat entre divinités, un être humain placé au sommet de la création.
L'archéologie ne peut ni situer l'Éden ni dater la Création : ces récits relèvent d'un autre registre. En Israël, les grottes du mont Carmel (Nahal Me'arot, inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO) et la grotte de Qafzeh, près de Nazareth, ont livré parmi les plus anciens restes d'Homo sapiens hors d'Afrique, datés d'environ 100 000 ans. Ils racontent l'histoire de l'humanité selon la science, sans lien avec le récit biblique.
Caïn et Abel et les premières générations
Hors du jardin, l'histoire humaine commence par un drame entre deux frères, puis se déploie en généalogies qui mènent jusqu'à Noé (Genèse 4–5). Ces chapitres racontent aussi, en quelques lignes, l'apparition des villes, de l'élevage, de la musique et du travail des métaux.


Dans la Bible (Genèse 4)
Abel est berger, Caïn cultive le sol. Tous deux présentent une offrande ; celle d'Abel est agréée, celle de Caïn ne l'est pas. Jaloux, Caïn tue son frère dans les champs. Interrogé par Dieu, il répond par une question restée célèbre. Condamné à l'errance, il reçoit pourtant un signe qui le protège, et s'installe au pays de Nod, à l'orient d'Éden.
« L'Éternel dit à Caïn : Où est ton frère Abel ? Il répondit : Je ne sais pas ; suis-je le gardien de mon frère ? »
Genèse 4:9
וַיֹּאמֶר יְהוָה אֶל־קַיִן אֵי הֶבֶל אָחִיךָ וַיֹּאמֶר לֹא יָדַעְתִּי הֲשֹׁמֵר אָחִי אָנֹכִי
בראשית ד, ט
Caïn bâtit ensuite une ville qu'il nomme Hénoch, du nom de son fils (Genèse 4:17). Parmi ses descendants, Jabal est « le père de ceux qui habitent sous des tentes et près des troupeaux », Jubal celui des musiciens, et Tubal-Caïn forge l'airain et le fer (Genèse 4:20-22). Adam et Ève ont enfin un troisième fils, Seth.
Les premières générations (Genèse 5)
Une généalogie relie Adam à Noé en dix générations, avec des âges extraordinaires : Mathusalem vit 969 ans (Genèse 5:27). Hénoch, septième après Adam, « marcha avec Dieu ; puis il ne fut plus, parce que Dieu le prit » (Genèse 5:24). Les chiffres diffèrent d'ailleurs selon les versions anciennes du texte : le texte hébreu massorétique, la traduction grecque des Septante et le Pentateuque samaritain ne donnent pas les mêmes âges.
Traditions
La tradition juive voit en Seth l'ancêtre de toute l'humanité après la mort d'Abel ; les écrits apocryphes attribués à Hénoch ont nourri une abondante littérature. Une tradition locale situe le tombeau d'Abel au sanctuaire de Nabi Habil, dans les montagnes à l'ouest de Damas.
Ce que dit la recherche
Les listes de rois sumériennes énumèrent, elles aussi, une série de souverains « d'avant le Déluge » aux règnes de plusieurs dizaines de milliers d'années : les longévités de Genèse 5 appartiennent à ce genre littéraire. Par ailleurs, les étapes que le récit condense en une génération (agriculture, élevage, premières villes, métallurgie) correspondent à des évolutions bien réelles, mais étalées sur des millénaires. Le Levant est l'une des régions où sont nés l'agriculture et l'élevage ; Jéricho (Tell es-Sultan) compte parmi les plus anciennes agglomérations connues ; et le trésor de Nahal Mishmar, exposé au Musée d'Israël à Jérusalem, témoigne d'une métallurgie du cuivre très élaborée au IVe millénaire av. J.-C. Ces découvertes éclairent le monde que le récit met en scène ; elles ne permettent de dater ni Caïn, ni Abel.
Noé, le Déluge et l'alliance
Le récit du Déluge (Genèse 6–9) est l'un des plus connus de la Bible et l'un de ceux dont on possède les parallèles les plus anciens. Il raconte un monde englouti, puis un nouveau départ scellé par une alliance entre Dieu et toute la création.


Dans la Bible (Genèse 6–9)
Voyant la violence qui remplit la terre, Dieu décide de la détruire par les eaux, mais il épargne Noé, « homme juste et intègre ». Noé construit une arche de trois cents coudées de long, cinquante de large et trente de haut (Genèse 6:15), y fait entrer sa famille et les animaux. Les eaux montent puis baissent ; l'arche s'arrête sur « les montagnes d'Ararat ». Noé lâche un corbeau puis une colombe, qui revient avec une feuille d'olivier (Genèse 8:11). À sa sortie, il bâtit un autel ; Dieu conclut alors une alliance avec Noé, ses descendants et tous les êtres vivants, et en donne un signe.
« J'ai placé mon arc dans la nue, et il servira de signe d'alliance entre moi et la terre. »
Genèse 9:13
אֶת־קַשְׁתִּי נָתַתִּי בֶּעָנָן וְהָיְתָה לְאוֹת בְּרִית בֵּינִי וּבֵין הָאָרֶץ
בראשית ט, יג
Traditions
La tradition juive tire de Genèse 9 les sept lois noahides, un socle moral destiné à toute l'humanité (Talmud, Sanhédrin 56a), et prévoit une bénédiction à réciter en voyant un arc-en-ciel. Selon Maïmonide, Noé bâtit son autel au même endroit que celui du futur Temple, sur le mont Moriya. Le lieu où l'arche s'est posée varie selon les traditions : le mont Ararat, en Turquie, pour la tradition arménienne et occidentale ; le mont Djoudi, plus au sud, pour la traduction araméenne de Onkelos, la tradition syriaque et le Coran (sourate 11:44).
Ce que dit la recherche
Des récits plus anciens. La Mésopotamie connaissait plusieurs récits de déluge bien avant la mise par écrit de la Genèse : le récit sumérien de Ziusudra, l'épopée d'Atrahasis (copies du XVIIe s. av. J.-C.) et la onzième tablette de l'épopée de Gilgamesh. Sur cette dernière, déchiffrée en 1872 par George Smith au British Museum, le héros Uta-napishti construit un bateau, y embarque les animaux et lâche une colombe, une hirondelle et un corbeau. La parenté avec la Genèse est évidente ; le sens du récit, lui, diffère.
Des crues locales. À Ur, en 1929, Leonard Woolley a dégagé une épaisse couche d'argile qu'il a reliée au Déluge. On a trouvé des dépôts semblables à Kish ou à Shuruppak, mais à des dates différentes : ils témoignent de grandes crues du Tigre et de l'Euphrate, et non d'un événement unique. Aucune donnée géologique n'atteste une inondation qui aurait recouvert toute la terre.
L'arche. Dans la Bible, « Ararat » désigne une région, l'Ourartou des textes assyriens, autour du lac de Van, et non un sommet précis. Des expéditions ont exploré le mont Ararat, et la formation de Durupınar, en Turquie, est parfois présentée comme l'empreinte de l'arche ; les géologues y voient une formation naturelle. Aucun vestige de l'arche n'a été authentifié.
Les peuples et la tour de Babel
Après le Déluge, la Genèse décrit la répartition des peuples sur la terre (Genèse 10), puis raconte comment une humanité qui parlait une seule langue fut dispersée à Babel (Genèse 11:1-9). La généalogie qui suit conduit directement à Abraham.
La table des peuples (Genèse 10)
Les descendants des trois fils de Noé, Sem, Cham et Japhet, donnent naissance aux peuples connus du monde biblique : la tradition juive en compte soixante-dix. Beaucoup de ces noms correspondent à des peuples et à des régions bien attestés : Mitsraïm (l'Égypte), Koush (le Soudan antique), Canaan, Assour (l'Assyrie), Élam, Aram, Madaï (les Mèdes) ou Yavan (les Ioniens, c'est-à-dire les Grecs). Nimrod, « vaillant chasseur devant l'Éternel », règne sur Babel, Érec et Akkad, au pays de Shinear, puis bâtit Ninive (Genèse 10:8-12) : Érec est Uruk, et Ninive a été largement fouillée. Nimrod, en revanche, n'a jamais été identifié à un roi connu.
Dans la Bible (Genèse 11:1-9)
Installés dans une plaine du pays de Shinear, les hommes décident de bâtir une ville et une tour. Dieu confond leur langage et les disperse sur toute la terre ; la ville reçoit le nom de Babel, rapproché du verbe hébreu balal, « mélanger, confondre ».
« Ils dirent encore : Allons ! bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet touche au ciel, et faisons-nous un nom, afin que nous ne soyons pas dispersés sur la face de toute la terre. »
Genèse 11:4
וַיֹּאמְרוּ הָבָה נִבְנֶה־לָּנוּ עִיר וּמִגְדָּל וְרֹאשׁוֹ בַשָּׁמַיִם וְנַעֲשֶׂה־לָּנוּ שֵׁם פֶּן־נָפוּץ עַל־פְּנֵי כָל־הָאָרֶץ
בראשית יא, ד
Ce que dit la recherche

Le récit est, cette fois, ancré dans un décor réel. Shinear désigne la Babylonie, et le texte précise que l'on y bâtit en briques cuites liées au bitume « au lieu de pierre » (Genèse 11:3) : c'est bien la technique mésopotamienne, là où Canaan construisait en pierre. Les villes de Mésopotamie étaient dominées par des ziggourats, tours à étages portant un temple, comme celle d'Ur, bâtie vers 2100 av. J.-C. À Babylone, la ziggourat Étemenanki, la « maison du fondement du ciel et de la terre », dédiée au dieu Marduk, fut reconstruite par Nabopolassar et Nabuchodonosor II aux VIIe-VIe siècles av. J.-C. ; les fouilles allemandes de Robert Koldewey (1899-1917) n'en ont retrouvé que les fondations. Pour beaucoup d'historiens, le récit de Babel fait écho à cette tour, que les Judéens déportés à Babylone ont pu voir (voir notre page sur l'Exil à Babylone). Le nom babylonien de la ville, Bāb-ili, signifie d'ailleurs « porte du dieu ».
La diversité des langues, elle, est bien plus ancienne que toute ziggourat : le récit de Babel l'explique à sa manière, sans que l'on puisse le dater. La tour décrite par la Genèse n'a pas été identifiée comme telle.
De Sem à Abraham (Genèse 11:10-32)
Une dernière généalogie relie Sem à Térah, le père d'Abram, en dix générations. La famille vit à Ur des Chaldéens, puis part pour Haran : le récit quitte alors l'humanité entière pour suivre une seule famille, celle d'Abraham.
Récit, traditions et archéologie : le point
Pour chacun des quatre récits, voici en un coup d'œil ce qui relève du texte biblique, des traditions et des connaissances actuelles.
| Récit | Ce que dit la Bible | Traditions | Ce que l'on sait |
|---|---|---|---|
| Création et Éden | Deux récits de création ; un jardin arrosé par quatre fleuves (Genèse 1–3) | Adam et Ève à Hébron (Talmud) ; Adam formé sur le mont Moriya ; Adam au Golgotha | Parallèles mésopotamiens ; Éden non localisé ; pas de datation possible |
| Caïn et Abel | Le premier meurtre, la première ville, les premiers métiers (Genèse 4–5) | Tombeau d'Abel à Nabi Habil (Syrie) | Agriculture, villes et métallurgie apparaissent au Levant sur des millénaires |
| Noé et le Déluge | L'arche, les montagnes d'Ararat, l'alliance et l'arc-en-ciel (Genèse 6–9) | Mont Ararat ou mont Djoudi ; autel de Noé sur le mont Moriya | Récits mésopotamiens plus anciens ; crues locales ; aucune trace authentifiée de l'arche |
| Babel | La table des peuples, la tour et la dispersion (Genèse 10–11) | Soixante-dix nations | Briques et bitume mésopotamiens ; ziggourat Étemenanki de Babylone |
Que voir en Israël ?
Aucun site ne permet de « visiter » les récits des origines, mais plusieurs lieux gardent leur mémoire ou éclairent leur arrière-plan : le Tombeau des Patriarches à Hébron, où la tradition place la sépulture d'Adam et Ève ; le mont du Temple à Jérusalem, lié par la tradition à Adam et à Noé ; le Musée d'Israël, qui expose le trésor de Nahal Mishmar ; et les grottes préhistoriques du mont Carmel.
Sources et lectures
- Claus Westermann, Genesis 1–11: A Commentary, Minneapolis, 1984.
- W. G. Lambert et A. R. Millard, Atra-ḫasīs: The Babylonian Story of the Flood, Oxford, 1969.
- Andrew R. George, The Babylonian Gilgamesh Epic, Oxford, 2003.
- Irving Finkel, The Ark Before Noah, Londres, 2014.
- Jean-Louis Ska, Introduction à la lecture du Pentateuque, Bruxelles, 2000.
Poursuivre avec les Patriarches
Avec Abraham, la Genèse passe de l'histoire de l'humanité à celle d'une famille, et de récits sans lieu précis à des sites que l'on peut visiter : Sichem, Béthel, Hébron, Beer-Sheva. C'est là que commence l'époque suivante.
Questions fréquentes
Où se trouvait le jardin d'Éden ?
Personne ne le sait. La Genèse cite quatre fleuves, dont le Tigre et l'Euphrate, ce qui oriente vers la Mésopotamie, mais les deux autres (Pishon et Guihon) n'ont jamais été identifiés. Les hypothèses sont nombreuses et aucune n'est établie ; beaucoup de lecteurs y voient un lieu symbolique.
L'arche de Noé a-t-elle été retrouvée ?
Non. La Bible parle des « montagnes d'Ararat », une région (l'Ourartou antique) et non un sommet précis. Des expéditions ont exploré le mont Ararat et la formation de Durupınar a parfois été présentée comme l'arche, mais les géologues y voient une formation naturelle. Aucun vestige n'a été authentifié.
Le Déluge a-t-il laissé des traces archéologiques ?
Des couches d'argile laissées par de grandes crues ont été trouvées à Ur, Kish ou Shuruppak, en Mésopotamie, mais à des dates différentes : elles témoignent d'inondations locales. Aucune donnée géologique n'atteste un déluge universel. Des récits mésopotamiens de déluge, comme celui de Gilgamesh, sont plus anciens que la mise par écrit de la Genèse.
La tour de Babel a-t-elle existé ?
La tour du récit n'a pas été identifiée comme telle. Mais le décor est réel : briques cuites et bitume, et ziggourats, les tours à étages des villes mésopotamiennes. Beaucoup d'historiens rapprochent le récit de l'Étemenanki, la grande ziggourat de Babylone, dont seules les fondations subsistent.
Peut-on dater la Création ou la vie d'Adam et Ève ?
Non. Les récits des origines ne se prêtent pas à une datation historique, et c'est pourquoi cette époque ne porte pas de dates sur notre site. Le calendrier hébraïque compte les années à partir de la Création selon un calcul traditionnel ; il s'agit d'une convention religieuse, pas d'une datation scientifique.
Pourquoi la Genèse contient-elle deux récits de la Création ?
Genèse 1 décrit la création en sept jours, Genèse 2 la formation de l'homme et le jardin d'Éden. Les exégètes y voient deux traditions différentes, réunies par les rédacteurs ; la lecture juive et chrétienne traditionnelle les lit comme deux regards complémentaires sur le même acte créateur.
Que peut-on voir en Israël en lien avec les récits des origines ?
Le Tombeau des Patriarches à Hébron, où la tradition place la sépulture d'Adam et Ève ; le mont du Temple à Jérusalem, que la tradition relie à Adam et à l'autel de Noé ; le Musée d'Israël et le trésor de Nahal Mishmar ; les grottes préhistoriques du mont Carmel, inscrites au patrimoine mondial.