
Béthel – L'autel d'Abraham entre Béthel et Aï
Après Sichem, Abraham dresse un autel « entre Béthel et Aï » et y invoque le nom de l'Éternel, puis y revient après son séjour en Égypte (Genèse 12:8 ; 13:1-4).
Époque biblique : Les Patriarches
Entre le mont Ébal et le mont Garizim, le lieu de la première promesse divine et du premier autel d'Abraham en Terre promise (Genèse 12:6-7).
Située dans le col qui sépare le mont Ébal du mont Garizim, Sichem — en hébreu Shechem, aujourd'hui le site archéologique de Tel Balata, à la sortie est de Naplouse — est le lieu de la première promesse divine et du premier autel d'Abraham en Terre promise (Genèse 12:6-7). C'est là, « jusqu'aux chênes de Moré », que le récit biblique fait entrer le patriarche dans le pays de Canaan.
Carrefour stratégique des hautes terres, Sichem traverse toute l'histoire biblique : Jacob y dresse un autel, Joseph y est enterré, Josué y renouvelle l'alliance et le royaume d'Israël s'y divise. Le tell conserve les remparts, les portes et le temple-forteresse d'une puissante ville cananéenne du Bronze moyen.
En bref
Histoire et Bible
Récit biblique
« Abram parcourut le pays jusqu'au lieu nommé Sichem, jusqu'aux chênes de Moré. Les Cananéens étaient alors dans le pays. L'Éternel apparut à Abram, et dit : Je donnerai ce pays à ta postérité. Et Abram bâtit là un autel à l'Éternel, qui lui était apparu. »
Genèse 12:6-7
Sichem marque le premier arrêt d'Abraham en Terre promise. C'est ici que Dieu lui apparaît pour la première fois dans le pays et lui promet de le donner à sa descendance ; c'est en ce lieu qu'Abraham érige son premier autel, geste qui inaugure, dans le récit, le culte du Dieu d'Abraham en Canaan.
L'autel construit par Abraham à Sichem revêt une importance symbolique majeure : c'est le premier acte de culte accompli en Terre promise. Ce geste d'adoration et de reconnaissance fait de Sichem un lieu fondateur de l'histoire patriarcale. Les « chênes de Moré » (ou « térébinthe de Moré ») désignent vraisemblablement un arbre remarquable servant de repère — peut-être un lieu d'oracle, « Moré » pouvant signifier « celui qui enseigne ».
Le choix de Sichem n'est pas anodin. Au cœur du pays, entre les monts Ébal et Garizim, le lieu symbolise la prise de possession spirituelle du territoire. L'autel d'Abraham inaugure une tradition qui se prolonge avec l'autel de Jacob à Sichem (Genèse 33:18-20) et culmine avec le renouvellement de l'alliance sous Josué (Josué 24).
Située entre le mont Ébal (≈ 940 m) au nord et le mont Garizim (≈ 880 m) au sud, Sichem contrôle la jonction de deux axes antiques majeurs : la route dorsale nord–sud des hautes terres et le corridor est–ouest qui relie la vallée du Jourdain à la plaine côtière. Cette position éclaire l'importance précoce de la ville et explique pourquoi le récit y place la première promesse et le premier autel d'Abraham.

Abraham poursuit ensuite sa route vers le sud et s'arrête sur la montagne entre Béthel et Aï, où il bâtit un autre autel (Genèse 12:8), avant de gagner le Néguev. Ce parcours jalonné d'autels dessine une géographie spirituelle que retraceront les générations suivantes — voir aussi notre article sur Abraham.
Récit biblique
Deux générations plus tard, Jacob revient de Paddan-Aram après vingt ans chez Laban. Passé par Peniel, où il a reçu le nom d'Israël, et réconcilié avec Ésaü, il fait de Sichem sa première grande étape en Canaan. Il y achète aux fils de Hamor, pour cent kesita, la portion de champ où il a dressé sa tente — comme Abraham achetant la grotte de Makpéla à Hébron, la promesse prend la forme d'une parcelle concrète — et y élève un autel.
« Il acheta la portion du champ où il avait dressé sa tente, et la paya cent kesita aux fils de Hamor, père de Sichem. Et là, il éleva un autel, qu'il appela El-Élohé-Israël. »
Genèse 33:19-20
C'est le premier autel que le récit attribue à Jacob ; à Béthel, vingt ans plus tôt, il avait dressé une stèle (28:18). Son nom, El-Élohé-Israël, « Dieu, le Dieu d'Israël », marque un tournant : Jacob, désormais Israël, proclame que le Dieu de ses pères est devenu son propre Dieu, en écho au vœu de Béthel : « l'Éternel sera mon Dieu » (28:21).
Le séjour est aussi marqué par un drame : Dina, fille de Jacob et de Léa, est enlevée et abusée par Sichem, fils de Hamor (Genèse 34). Siméon et Lévi massacrent les hommes de la ville, une violence que Jacob désavoue (34:30 ; 49:5-7). Sur l'ordre de Dieu, il quitte Sichem pour Béthel, après avoir enfoui les idoles et les anneaux de sa maisonnée « sous le chêne qui est près de Sichem » (35:4).
Le champ acheté par Jacob reste dans la mémoire familiale : c'est à Sichem que Joseph est envoyé rejoindre ses frères avant de les retrouver à Dothan (37:12-17), et c'est là que ses ossements, rapportés d'Égypte, sont inhumés « dans la portion du champ que Jacob avait achetée » (Josué 24:32). Deux lieux de mémoire tout proches s'y rattachent : la tombe de Joseph, à quelques centaines de mètres du tell, site sensible à l'accès très restreint, et le puits de Jacob, conservé dans une église orthodoxe grecque, où l'Évangile situe la rencontre de Jésus et de la Samaritaine (Jean 4:5-6). Le champ lui-même n'est pas identifié par l'archéologie.
Récit biblique
Premier lieu de Canaan nommé dans l'itinéraire d'Abraham, première théophanie dans le pays, premier autel.
À voir aujourd'hui : le site archéologique de Tel Balata, le col entre Ébal et Garizim et les vues sur ce carrefour naturel.
Achat du champ, autel El-Élohé-Israël, drame de Dina et purification sous le chêne : voir la section Jacob à Sichem ci-dessus.
À voir : le puits de Jacob (tradition chrétienne liée à Jean 4), à quelques centaines de mètres du tell, et la tombe de Joseph toute proche (site sensible, accès très restreint).
« Josué assembla toutes les tribus d'Israël à Sichem […]. Choisissez aujourd'hui qui vous voulez servir […]. Moi et ma maison, nous servirons l'Éternel. »
Josué 24:1, 15
À voir : le mont Garizim (tradition samaritaine, vestiges du temple samaritain) et le mont Ébal (structure interprétée par certains comme l'autel de Josué, Josué 8:30-35).
🔎 Précision historique
L'identification de la structure du mont Ébal comme « autel de Josué » est une hypothèse discutée parmi les archéologues. Certains y voient un autel israélite primitif (fer I), d'autres une installation agricole ou un poste d'observation. Cette identification ne fait pas consensus.
Naplouse, monts de SamarieSichem : Josué renouvelle l'allianceEntre le mont Ébal et le mont Garizim, Josué fait lire la Loi puis rassemble les tribus à Sichem pour leur demander de choisir qui elles serviront.Voir la fiche → Archéologie

Le parc archéologique de Tel Balata révèle une ville cananéenne fortifiée du Bronze moyen et du Fer : remparts massifs, portes monumentales flanquées de tours, temple-forteresse, espaces cultuels et phases successives de reconstruction. L'apogée des fortifications date du Bronze moyen II (XVIIe–XVIe s. av. J.-C.), période dite « hyksos ».
Des niveaux plus tardifs attestent une occupation israélite à l'âge du Fer, puis une ville samaritaine à l'époque hellénistique, détruite à la fin du IIe siècle av. J.-C. La ville romaine de Neapolis — l'actuelle Naplouse — est fondée en 72 apr. J.-C. un peu plus à l'ouest. Ce cadre matériel est cohérent avec l'importance de Sichem dans les textes, sans permettre d'identifier l'autel d'Abraham.

Sichem est l'une des rares villes de Canaan citées hors de la Bible dès le IIe millénaire : la stèle de Khu-Sebek (XIXe s. av. J.-C.) mentionne une campagne égyptienne contre « Sekmem », et les lettres d'Amarna (XIVe s. av. J.-C.) évoquent Labayu, souverain turbulent de la région de Sichem.
💡 Note archéologique
Les fouilles de Tel Balata (1913-1914, 1926-1934, 1956-1973) ont établi une séquence d'occupation qui s'étend du Chalcolithique (IVe millénaire av. J.-C.) à l'époque hellénistique. Les niveaux du Bronze moyen correspondent à la période où l'on situe habituellement les récits patriarcaux : ils attestent l'ancienneté et l'importance de la ville, mais aucune découverte ne se rattache directement à Abraham ou à Jacob.
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Sichem
Tel Balata, sortie est de Naplouse (≈ 50 km au nord de Jérusalem)
Coordonnées GPS : 32.2134, 35.2819 (point de repère, pas l'entrée exacte)
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Autour du lieu
Même arrêt dans votre parcours : la fiche ci-dessous raconte le même site sous un autre angle.
Naplouse, monts de SamarieSichem : Josué renouvelle l'allianceEntre le mont Ébal et le mont Garizim, Josué fait lire la Loi puis rassemble les tribus à Sichem pour leur demander de choisir qui elles serviront.Voir la fiche → 
Après Sichem, Abraham dresse un autel « entre Béthel et Aï » et y invoque le nom de l'Éternel, puis y revient après son séjour en Égypte (Genèse 12:8 ; 13:1-4).

Premier grand sanctuaire d'Israël selon la Bible : Josué y dresse la Tente de la Rencontre, Anne y prie pour un fils, Samuel y grandit auprès du prêtre Éli.

À Dothan, Joseph est jeté dans une citerne par ses frères jaloux, puis vendu à une caravane en route vers l'Égypte : un tournant de la Genèse qui scelle son destin.

Site sacré vénéré par les trois religions monothéistes, lieu de sépulture traditionnel d'Abraham, Isaac et Jacob.
Égypte ancienneJoseph et Imhotep : un même homme ?Stèle de la Famine, galeries de Saqqarah, canal de Joseph : l'hypothèse qui identifie le Joseph biblique au sage Imhotep, ses arguments et ses limites.Lire l'article →
PatriarchesAbraham : père du monothéisme et figure fondatriceD'Ur des Chaldéens à Hébron : le parcours d'Abraham selon la Genèse, sa place dans les trois monothéismes et ce que l'archéologie permet d'en dire.Lire l'article → Sichem correspond au site de Tel Balata, à la sortie est de Naplouse, dans le col entre les monts Ébal et Garizim, à environ 50 km au nord de Jérusalem. Les coordonnées GPS et les liens Waze, Google Maps et Apple Plans figurent dans la rubrique « Accès & GPS ». Vérifiez les conditions d'accès et les consignes locales avant de partir.
Des remparts cyclopéens, deux portes monumentales, des tours, le temple-forteresse et ses stèles dressées, ainsi que des niveaux d'occupation du Bronze au Fer. Des panneaux explicatifs jalonnent le parcours et le tell offre de belles vues sur les monts Ébal et Garizim. Comptez 60 à 90 minutes.
Parce que Sichem est, selon Genèse 12:6-7, le premier lieu de Canaan où Dieu apparaît à Abram et où celui-ci bâtit un autel. Il en élèvera un second entre Béthel et Aï (Genèse 12:8), puis un autre à Hébron, près des chênes de Mamré (Genèse 13:18).
Non. Aucun vestige ne permet d'identifier l'autel d'Abraham ni les « chênes de Moré ». Tel Balata confirme en revanche l'existence d'une ville importante à Sichem au Bronze moyen, période à laquelle on situe traditionnellement les patriarches.
Le site fait débat : certains y voient un autel ancien compatible avec un culte israélite primitif ; d'autres une structure agricole ou rituelle d'une autre nature. Il faut le présenter comme une hypothèse discutée, non comme une certitude.
Non. Selon 1 Rois 12:28-29, Jéroboam installe les veaux d'or à Béthel et à Dan. Sichem joue néanmoins un rôle politique majeur à cette époque : c'est là qu'Israël se rassemble pour Roboam et que Jéroboam établit d'abord sa résidence (1 Rois 12:1, 25).
À quelques centaines de mètres de Tel Balata. Le puits de Jacob se trouve dans une église orthodoxe grecque et est associé à la rencontre de Jésus et de la Samaritaine (Jean 4). La tombe de Joseph, vénérée par la tradition (Josué 24:32), est un lieu sensible dont l'accès est très restreint.
Sichem est la ville antique, dont les ruines forment Tel Balata. Naplouse tire son nom de Neapolis, la « nouvelle ville » fondée par les Romains en 72 apr. J.-C. un peu plus à l'ouest. En hébreu, la ville moderne s'appelle toujours Shekhem.
« Dieu, le Dieu d'Israël » (ou « El est le Dieu d'Israël »). Jacob, qui vient de recevoir le nom d'Israël à Peniel (Genèse 32:28), proclame par le nom de son autel à Sichem que le Dieu de ses pères est désormais son propre Dieu.
Selon Genèse 34, Dina, fille de Jacob, est enlevée et abusée par Sichem, fils de Hamor. Ses frères Siméon et Lévi se vengent en massacrant les hommes de la ville. Jacob désapprouve cette violence, puis quitte Sichem pour Béthel (Genèse 35).