
Césarée maritime, la ville d'Hérode : théâtre, aqueduc et visite
Le grand port d'Hérode, capitale des gouverneurs romains, où Pierre baptise Corneille et où Paul reste deux ans prisonnier : un parc archéologique au bord de la Méditerranée.
Époque biblique : Le ministère en Galilée
La région où Pierre reconnaît Jésus comme le Christ, une grotte consacrée au dieu Pan et l'une des sources du Jourdain : ce que disent les textes, ce qu'ont trouvé les fouilles, ce que l'on visite aujourd'hui.
Au pied du mont Hermon, dans le nord du Golan, Césarée de Philippe est l'ancienne ville romaine que l'on visite aujourd'hui sous le nom de Banias. Les Évangiles situent dans sa région une scène centrale : Jésus demande à ses disciples qui il est, Pierre répond « Tu es le Christ », et Jésus lui dit « Tu es Pierre » (Matthieu 16:13-20 ; Marc 8:27-30). À ne pas confondre avec Césarée maritime, le port d'Hérode sur la Méditerranée.
Le lieu est aussi l'une des trois sources du Jourdain. Au pied d'une falaise ocre, la grotte et les niches du sanctuaire de Pan rappellent l'origine du nom : Paneas, devenu Banias dans la prononciation arabe. La réserve naturelle de Nahal Hermon réunit ces vestiges, le palais attribué au roi Agrippa II, le torrent et une cascade d'une dizaine de mètres.
En bref
Histoire et Bible
Récit biblique
Deux Évangiles nomment Césarée de Philippe. Matthieu parle de son « territoire », Marc de ses « villages » (Marc 8:27). Aucun des deux ne dit que la scène se passe dans la ville elle-même, ni devant la grotte. Luc raconte le même échange sans indiquer de lieu (Luc 9:18-21).
« Jésus, étant arrivé dans le territoire de Césarée de Philippe, demanda à ses disciples : Qui dit-on que je suis, moi, le Fils de l'homme ? »
Matthieu 16:13
Les disciples rapportent les opinions qui circulent : Jean-Baptiste, Élie, Jérémie ou un autre prophète. Jésus leur pose alors la question directement, et Simon répond : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant » (Matthieu 16:16). Chez Matthieu seul, Jésus lui répond par un jeu de mots sur son surnom, qui fonctionne en grec (Petros, petra) comme en français.
« Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. »
Matthieu 16:18
Le verset suivant ajoute la promesse des « clefs du royaume des cieux » (Matthieu 16:19). La tradition catholique y lit le fondement de la primauté de Pierre et de ses successeurs ; les lectures orthodoxes et protestantes l'interprètent autrement. Ce passage donne au lieu son importance pour les pèlerins, sur les pas d'un disciple que l'on retrouve aussi dans sa maison de Capharnaüm et sur les toits de Jaffa.
Les Évangiles racontent la guérison d'une femme atteinte d'une perte de sang sans dire d'où elle vient (Marc 5:25-34). Au IVe siècle, l'évêque et historien Eusèbe de Césarée rapporte une tradition locale : elle serait originaire de Paneas, et un groupe de bronze, devant sa maison, montrerait une femme à genoux tendant les mains vers un homme debout. Eusèbe dit l'avoir vu (Histoire ecclésiastique VII, 18). L'historien Sozomène écrit qu'il fut détruit sous l'empereur Julien (Histoire ecclésiastique V, 21). On ignore ce que représentait vraiment cette statue.
Matthieu et Marc placent six jours après cet échange la Transfiguration, sur « une haute montagne » qu'ils ne nomment pas (Matthieu 17:1 ; Marc 9:2). La tradition chrétienne la situe au mont Thabor, plus au sud. Certains lecteurs pensent plutôt à l'Hermon, qui domine Banias : c'est une hypothèse tirée de la proximité, sans preuve dans le texte.
Archéologie

Après la conquête d'Alexandre le Grand, on consacre ce lieu d'eau et de verdure au dieu grec Pan, protecteur des bergers et de la nature sauvage. Le sanctuaire, le Paneion, donne son nom à la ville : Paneas. Le long de la falaise, une terrasse naturelle d'environ 80 mètres a reçu au fil des siècles des temples, des cours et des niches à statues, dont certaines portent encore des inscriptions grecques.
L'historien juif du Ier siècle décrit une caverne sombre, un gouffre plein d'une eau immobile dont aucune corde n'atteint le fond (Guerre des Juifs I, 405). Il y voit la source du Jourdain et raconte même que le tétrarque Philippe l'aurait vérifié en jetant de la paille dans un lac voisin, le lac Phiala, pour la voir ressortir ici (Guerre des Juifs III, 509-515). Le Talmud dit lui aussi : « le Jourdain sort de la grotte de Pamyas » (Bekhorot 55a). Aujourd'hui, l'eau ne jaillit plus de la grotte : elle sort au pied de celle-ci.
Selon Josèphe, Hérode le Grand fit bâtir près des sources un temple de marbre blanc en l'honneur d'Auguste (Guerre des Juifs I, 404). Les fouilleurs l'ont d'abord placé à l'entrée de la grotte, mais son emplacement est discuté : certains chercheurs préfèrent le site voisin d'Omrit. En 2024, Adi Erlich et Ron Lavi ont proposé, dans la revue BASOR, une autre lecture de la cour devant la grotte : elle daterait de la fin du Ier siècle, sous Agrippa II, et aurait servi de cadre à des banquets. Ces conclusions restent à confronter à celles des premières fouilles.
Tradition et identification
Beaucoup de guides présentent la grotte de Pan comme les « portes de l'enfer » de Matthieu 16:18. L'idée est séduisante : un gouffre sans fond, associé à un dieu païen, à l'endroit même où Jésus parlerait d'une Église que ces portes ne vaincront pas.
Le texte, lui, ne fait pas ce lien. Le grec parle des « portes de l'Hadès », c'est-à-dire du séjour des morts (d'où la traduction Segond), et l'« enfer » vient de traductions plus anciennes comme la King James. Matthieu situe l'échange dans le « territoire » de Césarée, sans mentionner la grotte. Le rapprochement est donc une lecture moderne, possible mais impossible à prouver. Il aide à imaginer la scène : il ne dit pas où elle s'est passée.
Histoire

Au sud de l'entrée du parc, le centre de la ville romaine, d'environ 300 m sur 300, a été fouillé à partir de 1988 par Vassilios Tzaferis. Son équipe y a dégagé la rue principale (le cardo) et un vaste bâtiment d'environ 2 000 m², dont les galeries voûtées sont encore visibles. On l'attribue généralement au palais d'Agrippa II, sans certitude. À l'époque byzantine, il est transformé en thermes.
Sur la falaise, un petit édifice blanc à coupole domine la grotte : c'est le sanctuaire musulman de Nabi Khadr. Une hypothèse ancienne, sans preuve, identifie aussi le lieu à Baal-Gad, « au pied de la montagne d'Hermon » (Josué 11:17). Pour la période que ce lieu illustre, voir le ministère de Jésus en Galilée.
Préparer ma visite
Banias (Césarée de Philippe)
Réserve naturelle de Nahal Hermon (Banias), route 99, au pied du mont Hermon, nord du Golan
Coordonnées GPS : 33.2486, 35.6944 (point de repère, pas l'entrée exacte)
Lancer la navigation avec :
La réserve naturelle de Nahal Hermon (Banias), gérée par l'Autorité israélienne de la nature et des parcs, a deux parkings et deux entrées. Le billet est en principe commun : à vérifier à la caisse.
C'est l'entrée à choisir si vous venez pour Césarée de Philippe. Depuis le parking des sources, on rejoint à pied la falaise de la grotte et ses niches, puis le départ du torrent. Le sentier passe ensuite sous la route moderne pour rejoindre les vestiges de la ville et du palais attribué à Agrippa II, près d'un ancien pont de pierre, dit romain.


La cascade de Banias, haute d'une dizaine de mètres d'après la réserve, est l'un des sites les plus connus du nord d'Israël. Depuis le parking de la cascade, comptez moins d'une heure pour environ 1,5 km aller-retour, avec le sentier suspendu au-dessus du canyon et une remontée par des marches.

Un sentier balisé relie les deux parkings le long de l'eau, avec un vieux moulin à farine, sous les platanes d'Orient. Selon les pauses, comptez 2 à 3 h. Il faut ensuite revenir à la première voiture : le plus simple est d'en laisser une à chaque bout ou de faire le chemin dans les deux sens.
L'eau sort à environ 15 °C et représente à peu près un quart du débit du Jourdain. À environ 9 km au sud, près du kibboutz Sde Nehemia, le Nahal Hermon rejoint le Dan : c'est là que commence le Jourdain.
D'après la réserve, Tel Dan et la porte d'Abraham sont à environ 5 minutes de voiture et la forteresse de Nimrod à environ 10 minutes. Ces trois sites forment une très belle journée dans le nord. En descendant vers le lac, le grand tell de Hatsor et Capharnaüm, la ville de Pierre sont sur la route. Vous pouvez aussi ajouter Banias à votre parcours sur mesure en Israël.
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Distances à vol d'oiseau : la route est plus longue.
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Oui. Césarée de Philippe est le nom donné par le tétrarque Philippe à l'ancienne Paneas, et Banias en est la forme arabe, encore utilisée aujourd'hui. Le site se trouve au pied du mont Hermon, dans le nord du Golan, dans la réserve naturelle de Nahal Hermon. Il ne faut pas le confondre avec Césarée maritime, sur la côte méditerranéenne, à environ deux heures de route.
Pour Césarée de Philippe, la grotte de Pan et le palais attribué à Agrippa II, choisissez le parking des sources. Pour la cascade et le sentier suspendu, choisissez le parking de la cascade : moins d'une heure, environ 1,5 km aller-retour. Le sentier complet entre les deux demande 2 à 3 h, avec le retour au véhicule à prévoir.
Matthieu situe la scène dans le « territoire » de Césarée de Philippe et Marc dans ses « villages ». L'endroit précis n'est pas connu. Rien dans le texte ne la place devant la grotte de Pan, même si c'est là que les groupes de pèlerins la lisent souvent aujourd'hui.
Rien ne le prouve. Matthieu 16:18 parle des portes de l'Hadès, le séjour des morts, sans mentionner de grotte. Le rapprochement avec le gouffre de Pan décrit par Flavius Josèphe est une lecture moderne, intéressante pour imaginer le décor, mais absente du texte.
Non : l'entrée dans l'eau et la baignade sont interdites dans la réserve, y compris à la cascade. Des visiteurs se baignent plus bas sur le Nahal Hermon, hors de la réserve ; vérifiez sur place que l'accès est ouvert et autorisé.
La réserve est proche de la frontière nord et a déjà été fermée pour raisons de sécurité. Vérifiez son ouverture et les consignes du jour sur parks.org.il. Sur place, restez sur les sentiers balisés : la carte officielle de la réserve signale des zones minées.
Tel Dan, sa porte cananéenne et l'autre source du Jourdain sont à environ 5 minutes de voiture, et la forteresse de Nimrod à environ 10 minutes. Pour une journée plus longue, ajoutez la capitale cananéenne de Hatsor en redescendant vers le lac de Tibériade.