
Jéricho (Tell es-Sultan) : les murailles de Josué
Rahab, le passage du Jourdain et la chute des murailles : le récit de Josué face à un siècle de fouilles, sur l'un des plus anciens sites urbains du monde.

1500-1200 av. J.-C.
Sur un éperon des monts de Moab, le Deutéronome fait contempler à Moïse le pays qu'il n'atteindra pas. Depuis le IVe siècle, un sanctuaire chrétien y garde cette mémoire.
Crédit : Mohammad hajeer · CC BY 4.0 · Wikimedia Commons
Le mont Nébo, à environ 8 km au nord-ouest de Madaba en Jordanie, est le lieu où le Deutéronome fait monter Moïse au terme de l'Exode : de là, il voit la Terre promise, puis meurt « au pays de Moab ». Sur le promontoire de Ras Siyagha, identifié par la tradition au sommet du Pisga, s'élève le Mémorial de Moïse, un sanctuaire chrétien attesté dès le IVe siècle et gardé aujourd'hui par les franciscains.
Il faut distinguer trois choses : le récit biblique, qui ne situe pas la tombe de Moïse ; la tradition chrétienne, qui a fixé la mémoire du lieu sur ce sommet ; et l'archéologie, qui a mis au jour une basilique et des mosaïques byzantines (IVe–VIIe siècles). Aucun vestige de l'époque de Moïse n'y a été identifié. Le site reste l'un des plus beaux belvédères bibliques du Proche-Orient.
« Moïse monta des plaines de Moab sur le mont Nebo, au sommet du Pisga, vis-à-vis de Jéricho. Et l'Éternel lui fit voir tout le pays. »
Deutéronome 34:1
Le Nébo appartient à la chaîne des « monts Abarim », qui borde à l'est la vallée du Jourdain. Le livre des Nombres annonce déjà à Moïse qu'il verra le pays sans y entrer, en rappelant l'épisode des eaux de Meriba, à Kadès, où Moïse et Aaron n'ont pas « sanctifié » Dieu devant le peuple (Nombres 20).
« L'Éternel dit à Moïse : Monte sur cette montagne d'Abarim, et regarde le pays que je donne aux enfants d'Israël. Tu le regarderas ; mais toi aussi, tu seras recueilli auprès de ton peuple, comme Aaron, ton frère, a été recueilli. »
Nombres 27:12-13
Le Deutéronome reprend l'ordre en nommant cette fois le lieu : « sur le mont Nebo, au pays de Moab, vis-à-vis de Jéricho » (Deutéronome 32:49). Le texte met en parallèle la mort de Moïse sur le Nébo et celle d'Aaron sur le mont Hor.
« Tu verras le pays devant toi ; mais tu n'entreras point dans le pays que je donne aux enfants d'Israël. »
Deutéronome 32:52
Le dernier chapitre de la Torah décrit un panorama qui va bien au-delà de ce que l'œil peut voir : Galaad jusqu'à Dan, Nephthali, Éphraïm et Manassé, Juda « jusqu'à la mer occidentale », le Néguev et la plaine de Jéricho, « la ville des palmiers ». Ce tour d'horizon ressemble à une prise de possession symbolique du pays promis à Abraham, Isaac et Jacob, plutôt qu'à une description topographique.
« L'Éternel lui dit : C'est là le pays que j'ai juré de donner à Abraham, à Isaac et à Jacob, en disant : Je le donnerai à ta postérité. Je te l'ai fait voir de tes yeux ; mais tu n'y entreras point. »
Deutéronome 34:4
Moïse meurt à 120 ans, « sa vue n'était point affaiblie » (Deutéronome 34:7), et Israël le pleure trente jours dans les plaines de Moab. Le texte insiste sur un point : personne ne sait où il est enterré.
« Et l'Éternel l'enterra dans la vallée, au pays de Moab, vis-à-vis de Beth-Peor. Personne n'a connu son sépulcre jusqu'à ce jour. »
Deutéronome 34:6
C'est ensuite Josué qui conduit le peuple à travers le Jourdain jusqu'à Jéricho, la ville que Moïse voyait en face. Le parcours du désert qui mène ici est présenté sur la page L'Exode et la conquête de Canaan.
Le massif compte deux sommets principaux : Jabal Nibu (≈ 800 m), le plus élevé, et Ras Siyagha (≈ 710 m), l'éperon occidental qui domine la vallée et porte le Mémorial. La tradition chrétienne a identifié Siyagha au « sommet du Pisga » du Deutéronome. Le nom de Nébo survit dans l'arabe Nibu ; à quelques kilomètres, Khirbet al-Mukhayyat est généralement identifiée à la ville de Nébo, citée par Nombres 32:38 et par la stèle moabite de Mésha (IXe siècle av. J.-C.).
🔎 Niveau de certitude
Le nom de Nébo est ancien et bien ancré dans la région. En revanche, l'identification du point précis d'où Moïse aurait regardé le pays relève de la tradition : la Bible ne fournit pas de coordonnées, et l'archéologie ne peut ni confirmer ni infirmer le récit.
La pèlerine Égérie, venue d'Occident, monte au Nébo vers 384. Elle décrit au sommet « une église pas très grande » et un emplacement légèrement surélevé où, lui disent les moines, Moïse aurait été déposé par les anges — tout en rappelant que « personne n'a connu son sépulcre ». Son récit a été décisif pour identifier les ruines de Siyagha.
Au pied du Nébo, au nord, le petit vallon d'Ayoun Moussa (« sources de Moïse ») garde des sources et les vestiges d'églises byzantines, dont celle de Kaianos et celle du diacre Thomas. Égérie y vit des moines et une source abondante. Certains y placent la « vallée vis-à-vis de Beth-Peor » de Deutéronome 34:6 ; c'est une hypothèse de tradition, non une localisation démontrée.
Aucune tombe de Moïse n'a été identifiée au Nébo, ni ailleurs. Une tradition musulmane vénère un sanctuaire de Nabi Moussa près de Jéricho, sur l'autre rive du Jourdain ; elle n'a pas de fondement archéologique et ne se rattache pas au site de Siyagha. Le texte biblique, lui, laisse volontairement la question ouverte.
La Custodie franciscaine de Terre sainte acquiert Ras Siyagha en 1932. Les fouilles commencent en 1933 sous la direction du père Sylvester Saller, avec le père Bellarmino Bagatti, lors de campagnes menées en 1933, 1935 et 1937. Le père Michele Piccirillo reprend les recherches de 1976 jusqu'à sa mort en 2008.

La pièce maîtresse est le pavement du baptistère-diaconicon, au nord de la basilique. Sur quatre registres, entre des arbres fruitiers, se succèdent des scènes de chasse et de pastorale : cavaliers, chiens, lions, un berger et ses bêtes, un chamelier, une autruche et un zèbre tenus en laisse. Une inscription grecque date l'œuvre et nomme les mosaïstes Soelos, Kaiomos et Élias. C'est l'un des ensembles les plus réputés de l'école de mosaïque de la région de Madaba.

📅 Ce que datent les vestiges
Tout ce que l'on voit au Mémorial est chrétien et byzantin (IVe–VIIe siècles apr. J.-C.), soit près de deux millénaires après la période que la Bible attribue à Moïse. Ces vestiges témoignent de la mémoire du lieu, non de l'événement lui-même.
Le bâtiment moderne en pierre claire, inauguré en 2016, protège les murs et les sols byzantins. À l'intérieur, on circule entre les mosaïques de la basilique, du diaconicon et des chapelles latérales. Le lieu reste un sanctuaire : des messes y sont célébrées, et une tenue correcte ainsi que le silence y sont de mise.
Depuis la terrasse, à environ 700 m d'altitude, la vue plonge de plus de 1 000 m vers la vallée du Jourdain et la mer Morte, située à plus de 400 m sous le niveau de la mer. On distingue l'oasis de Jéricho et, par temps très clair, les hauteurs de Jérusalem et du mont des Oliviers. Une table d'orientation indique les directions et les distances. La brume de chaleur limite souvent la visibilité en été.
Sur l'esplanade se dresse une sculpture moderne en métal de l'artiste florentin Gian Paolo Fantoni (1983–1984) : un serpent enroulé sur une hampe en forme de croix. Elle évoque le serpent d'airain que Moïse éleva dans le désert (Nombres 21:8-9) et la lecture qu'en fait l'Évangile de Jean (Jean 3:14). C'est une œuvre d'art contemporaine, non un objet ancien. Un rapprochement archéologique intéressant se trouve à Timna, où un petit serpent de cuivre a été découvert dans le sanctuaire minier d'Hathor.

Une stèle rappelle la visite du pape Jean-Paul II en mars 2000 ; Benoît XVI y est venu à son tour en 2009. Un petit centre d'interprétation présente l'histoire des fouilles.
Le mont Nébo clôt le récit du désert : après la sortie d'Égypte, le mont Sinaï, les quarante années d'errance et la marche à travers la Transjordanie, c'est le dernier arrêt avant la traversée du Jourdain. On le combine facilement avec Madaba et sa célèbre carte-mosaïque de la Terre sainte (VIe siècle), avec Khirbet al-Mukhayyat et ses églises byzantines, et avec le site du baptême de Béthanie-au-delà-du-Jourdain, dans la vallée.
Mont Nébo – le dernier regard de Moïse
Ras Siyagha, mont Nébo, environ 8 km au nord-ouest de Madaba (Jordanie)
Coordonnées GPS : 31.7682, 35.7253
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Au cœur des montagnes du Sud-Sinaï, une tradition chrétienne de seize siècles situe ici le buisson ardent et le don de la Loi. L'identification du Sinaï biblique reste pourtant débattue.

Dans la vallée de l'Arava, un paysage de grès rouge où l'Égypte des Ramsès exploitait le cuivre : un site de contexte pour comprendre le désert du récit de l'Exode.
En Jordanie, dans le gouvernorat de Madaba, à environ 8 km au nord-ouest de la ville de Madaba. Le Mémorial de Moïse se trouve sur l'éperon de Ras Siyagha. Les coordonnées GPS figurent dans la rubrique « Accès & GPS ».
La Bible dit que Moïse mourut au pays de Moab et fut enterré « dans la vallée, vis-à-vis de Beth-Peor », mais que « personne n'a connu son sépulcre jusqu'à ce jour » (Deutéronome 34:6). Aucune tombe de Moïse n'a été identifiée par les fouilles.
Le Deutéronome parle du « mont Nebo, au sommet du Pisga » (34:1). La tradition chrétienne a identifié le Pisga à Ras Siyagha, l'éperon occidental du Nébo, où se trouve le Mémorial.
La vallée du Jourdain, le nord de la mer Morte, l'oasis de Jéricho et, par temps très clair, les hauteurs de Jérusalem. La visibilité dépend beaucoup de la brume, fréquente en été.
Elles sont byzantines. La plus célèbre, celle du baptistère-diaconicon, est datée par son inscription de 530/531 apr. J.-C. ; d'autres pavements vont jusqu'au début du VII<sup>e</sup> siècle.
La Custodie franciscaine de Terre sainte, propriétaire de Ras Siyagha depuis 1932. Elle a conduit les fouilles et la restauration du Mémorial, rouvert en octobre 2016.
C'est une sculpture moderne de Gian Paolo Fantoni (1983–1984). Elle évoque le serpent d'airain de Nombres 21:8-9 et sa reprise chrétienne en Jean 3:14. Ce n'est pas un objet archéologique.
Environ une heure à une heure et demie sur place. Il est facile de combiner la visite avec Madaba dans la même demi-journée.