
Tombeau des Patriarches – Hébron
Site sacré vénéré par les trois religions monothéistes, lieu de sépulture traditionnel d'Abraham, Isaac et Jacob.
Époque biblique : Les Patriarches
À Beer-Sheva, Abraham scelle un pacte avec Abimélec autour d'un puits, plante un tamaris et invoque le Dieu d'éternité.
Au seuil du désert du Néguev, Beer-Sheva — Beer-Schéba dans la Bible Segond, Be'er Sheva en hébreu — est un lieu-clé du parcours d'Abraham. C'est ici que le patriarche conclut un pacte de paix avec Abimélec, roi de Guérar, autour d'un puits disputé. Il offre sept brebis en gage de sincérité, donnant au lieu son nom : le puits du serment, ou « puits des sept ».
Abraham y plante ensuite un tamaris et invoque le nom de l'Éternel, le Dieu d'éternité (Genèse 21:22-34). Aujourd'hui, le centre du puits d'Abraham, dans la vieille ville, et le site archéologique de Tel Be'er Sheva, inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO, font revivre cette mémoire où la promesse divine rencontre l'ingéniosité humaine face à l'aridité du désert.
En bref
Histoire et Bible
Récit biblique
Dans Genèse 21:22-34, Abimélec, roi de Guérar, accompagné de Picol, chef de son armée, vient proposer une alliance à Abraham. Celui-ci lui reproche d'abord un puits dont les serviteurs d'Abimélec se sont emparés, puis met à part sept jeunes brebis et les lui offre en signe de bonne foi.
« Tu accepteras de ma main ces sept brebis, afin que cela me serve de témoignage que j'ai creusé ce puits. »
Genèse 21:30
C'est ainsi que naît le nom de Beer-Sheva : puits du serment ou puits des sept.

« Ils firent donc alliance à Beer-Schéba. Après quoi, Abimélec se leva, avec Picol, chef de son armée ; et ils retournèrent au pays des Philistins. »
Genèse 21:32
Ce serment consacre Beer-Sheva comme lieu d'alliance et de paix, un espace de reconnaissance mutuelle entre les hommes sous le regard de Dieu. Une génération plus tard, Isaac rouvrira les puits de son père et renouvellera l'alliance avec Abimélec au même endroit (Genèse 26).
Récit biblique
Le nom joue sur deux mots de même racine : sheva, « sept », et le verbe nishba', « jurer » — prêter serment revenait peut-être, à l'origine, à « se lier par sept ». La toponymie renvoie ainsi à la fois aux sept brebis et au serment prononcé. Beer-Sheva devient le symbole d'une promesse scellée dans la fidélité et d'un acte de foi concrétisé dans le réel : un puits creusé, une parole tenue.
« C'est pourquoi on appelle ce lieu Beer-Schéba ; car c'est là qu'ils jurèrent l'un et l'autre. »
Genèse 21:31
À l'époque des Juges et des Rois, Beer-Sheva marque la limite sud du pays : l'expression « depuis Dan jusqu'à Beer-Schéba » désigne tout Israël, de Tel Dan, aux sources du Jourdain, jusqu'au Néguev (Juges 20:1 ; 1 Samuel 3:20).
Récit biblique
Après le serment, Abraham plante un tamaris (eshel en hébreu) à Beer-Sheva. Planter un arbre dans le désert, c'est affirmer la vie au cœur de la sécheresse. Le tamaris du Néguev (Tamarix aphylla), aux racines profondes et résistant à la salinité, offre pendant des décennies une ombre précieuse : il devient le signe visible d'une foi durable, tournée vers l'avenir.
« Abraham planta des tamaris à Beer-Schéba ; et là il invoqua le nom de l'Éternel, Dieu de l'éternité. »
Genèse 21:33
Ce geste relie la terre, l'eau et la foi, transformant Beer-Sheva en sanctuaire de l'alliance vivante. La tradition juive y a aussi lu un geste d'hospitalité : le Talmud (Sota 10a) se demande si l'eshel était un verger ou une auberge, et une lecture plus tardive y voit les initiales des mots « manger, boire, loger » — Abraham accueillant les voyageurs du désert.
Récit biblique
Une génération plus tard, Beer-Sheva devient la demeure principale d'Isaac. Chassé de Guérar par la jalousie des Philistins, qui ont comblé les puits creusés au temps d'Abraham, il rouvre ceux de son père et « leur donna les mêmes noms » (Genèse 26:18). Dans la vallée de Guérar, ses serviteurs creusent trois puits dont les noms racontent le passage du conflit à la paix : Ések (« querelle »), Sitna (« hostilité ») et Rehoboth (« larges espaces », 26:20-22). Puis « il remonta de là à Beer-Schéba » (26:23).
« Je suis le Dieu d'Abraham, ton père ; ne crains point, car je suis avec toi ; je te bénirai, et je multiplierai ta postérité, à cause d'Abraham, mon serviteur. »
Genèse 26:24
La nuit même de son arrivée, Dieu renouvelle pour le fils la promesse faite au père. Isaac répond par trois gestes qui résument la vie des patriarches : il « bâtit en ce lieu un autel, invoqua le nom de l'Éternel, et y dressa sa tente » ; ses serviteurs y creusent un puits (26:25).
Abimélec vient alors de Guérar avec Ahuzath et Picol : « Nous voyons que l'Éternel est avec toi » (26:28). Là où Abraham avait conclu un serment avec un roi du même nom, Isaac renouvelle un pacte de paix, scellé par un festin. Le jour même, ses serviteurs annoncent : « Nous avons trouvé de l'eau. » Isaac nomme le puits Schiba, « c'est pourquoi on a donné à la ville le nom de Beer-Schéba, jusqu'à ce jour » (26:33).

📜 Deux récits pour un nom
La Genèse explique deux fois le nom de Beer-Sheva : par le serment d'Abraham et les sept brebis (21:31), puis par le puits de Schiba creusé sous Isaac (26:33). Les exégètes y voient des traditions parallèles ; la lecture traditionnelle, elle, voit Isaac redonner au lieu le nom choisi par son père.
Beer-Sheva devient ainsi le centre spirituel d'Isaac. C'est vraisemblablement là qu'il bénit Jacob et Ésaü (Genèse 27), puisque Jacob « partit de Beer-Schéba » pour Haran (28:10). Isaac finira ses jours à Hébron, où il repose avec Rebecca ; son épreuve au mont Moriah fait l'objet d'une page à part.
Archéologie
Situé à environ 4 km à l'est de la ville moderne, Tel Be'er Sheva (Tell es-Seba') a été fouillé par Yohanan Aharoni (1969-1976), puis par Ze'ev Herzog. Il révèle une petite ville planifiée de l'âge du Fer, avec :
Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 2005 avec Megiddo et Hazor (bien des « Tels bibliques »), le site illustre la continuité de la mémoire d'Abraham : un lieu où l'eau, le serment et l'autel coexistent. La ville fortifiée visible aujourd'hui est toutefois bien postérieure à l'époque que la tradition attribue aux patriarches.
Fouillé dans les années 1950 par l'archéologue français Jean Perrot, le site de Bir Abu Matar, au bord du Nahal Beer-Sheva, remonte au Chalcolithique (vers 4500-3700 av. J.-C.). Il révèle :
Cette « culture de Beer-Sheva » témoigne d'une maîtrise très ancienne de l'eau et de la survie dans le Néguev, bien avant les patriarches.
💡 La Beer-Sheva d'Abraham
Le pacte de Genèse 21 n'a pas laissé de trace archéologique directe : ce sont le nom, les puits et la mémoire du lieu qui relient Beer-Sheva au patriarche. Elle s'inscrit dans un territoire déjà façonné depuis des millénaires par l'ingéniosité humaine et l'art de vivre avec le désert.
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Beer-Sheva
Parc national de Tel Be'er Sheva, près de Tel Sheva et d'Omer, à environ 4 km à l'est de Beer-Sheva (Néguev)
Coordonnées GPS : 31.2449, 34.8404 (point de repère, pas l'entrée exacte)
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Autour du lieu

Site sacré vénéré par les trois religions monothéistes, lieu de sépulture traditionnel d'Abraham, Isaac et Jacob.

Là où la tradition situe l'épreuve d'Abraham s'élève aujourd'hui le Mont du Temple, lieu saint majeur du judaïsme et de l'islam.

De Genèse 14 à la stèle « Maison de David » : archéologie, nature et histoire biblique aux sources du Jourdain.
PatriarchesAbraham : père du monothéisme et figure fondatriceD'Ur des Chaldéens à Hébron : le parcours d'Abraham selon la Genèse, sa place dans les trois monothéismes et ce que l'archéologie permet d'en dire.Lire l'article → Parce qu'Abraham et Abimélec, roi de Guérar, y conclurent une alliance autour d'un puits creusé par Abraham, qui offrit sept brebis en témoignage (Genèse 21:22-34). En hébreu, sheva signifie « sept » et la même racine donne le verbe « jurer ».
La foi enracinée et la vie au cœur du désert : un arbre aux racines profondes, qui donne de l'ombre pendant des décennies, signe visible de la bénédiction divine. La tradition juive y voit aussi un symbole de l'hospitalité d'Abraham.
Oui. Dans la vieille ville de Beer-Sheva, un centre d'accueil est aménagé autour d'un puits ancien traditionnellement associé au patriarche, et un grand puits antique se trouve près de la porte de Tel Be'er Sheva. Aucun des deux ne peut être rattaché avec certitude à Abraham : ce sont des lieux de mémoire.
Le site archéologique de l'ancienne Beer-Sheva, à environ 4 km à l'est de la ville moderne : une petite ville fortifiée de l'âge du Fer, avec son puits, son système hydraulique, son plan en anneau et un autel à cornes reconstitué. Il est inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 2005.
Oui, géographiquement : c'est un village chalcolithique (vers 4500-3700 av. J.-C.) situé au bord du Nahal Beer-Sheva, fouillé par Jean Perrot. Il montre que la région maîtrisait la gestion de l'eau et la métallurgie du cuivre bien avant l'époque des patriarches. Le site n'est pas aménagé pour la visite.
Comptez 1 h à 1 h 30 pour Tel Be'er Sheva et environ 1 h pour le centre du puits d'Abraham dans la vieille ville, soit une demi-journée avec les trajets.
Après avoir rouvert les puits de son père dans la région de Guérar, Isaac monte à Beer-Sheva : il y bâtit un autel, y renouvelle l'alliance avec Abimélec, et ses serviteurs y creusent le puits de Schiba (Genèse 26:23-33). Voir la section Isaac à Beer-Sheva.
L'eau, la parole donnée et la foi : trois symboles de la fidélité de Dieu et de la paix entre les hommes. Beer-Sheva rappelle qu'un différend peut se résoudre par un serment tenu et un bien partagé.
« Querelle », « hostilité » et « larges espaces ». Ces trois puits creusés par les serviteurs d'Isaac dans la vallée de Guérar racontent le passage du conflit à la paix (Genèse 26:19-22), avant la remontée vers Beer-Sheva.
Oui : après la révélation nocturne, « il bâtit en ce lieu un autel, invoqua le nom de l'Éternel, et y dressa sa tente » (Genèse 26:25). Aucun vestige ne peut toutefois lui être attribué sur le tell.